Autodidacte

Je lisais un article sur ce sujet. Ce qui m’a amené à le lire c’est un autre article sur un candidat au bac de 91 ans. Je vous laisse en bas de ma publication le lien, je ne peux qu’avoir un regard attendri sur ces sujets, parce que je suis moi-même autodidacte. Pourquoi attendri ?

Parce que c’est un acte gratuit et très personnel à cet âge, je crois. Il ne le fait pas pour obtenir une promotion ou pour gagner plus. Et alors aussi quel courage ! je me dis. Je suis un peu admirative, je l’admet. Je  ne m’en sens pas capable et la raison première et que je n’ai rien à me prouver, j’ai tellement bataillé dans ma vie professionnelle…Ce qui nous ramène à cet article sur « Le syndrome de l’autodidacte ». Rien que le titre m’interpelle, je me dis « Syndrome » ? dans le cadre d’un traumatisme ?

(Je cogite trois secondes et je vais lire.) Et l’article commence par :

« Tu as fait quelles études pour faire ça ? » Voilà, en substance, la question la plus déstabilisante qui soit pour un autodidacte. Et ma réponse, toujours entremêlée de gêne et de frustration : « Aucune … » Il m’arrive souvent de percevoir une déception dans l’oeil de mon interlocuteur à ce moment précis.

Car, il faut bien l’avouer, c’est le soucis de l’autodidacte, ce manque de légitimité qu’il ressent ou qu’on lui fait ressentir, et rien n’est fait pour mettre les autodidactes à l’aise. Le diplôme prime toujours plus que les compétences en France, et le cursus scolaire ou universitaire reste toujours le garant de notre légitimité au poste que l’on occupe.

Là je me dis…Effectivement je me suis déjà retrouvée dans cette situation et même très embarrassée, parce que mon interlocuteur au même poste que moi avait lui fait des études et était diplômé.  Ce qu’il ne savait peut être pas, c’est que lui avait un meilleur salaire que moi pour le même travail. Parce que justement il avait ce diplôme et que moi qui étais d’une autre génération et qui avait acquis ce poste à la sueur de mes insomnies, je dirais presque et par expérience surtout, parce que dans les entreprises avant, quand les personnes étaient courageuses, curieuses, sérieuses et qu’elles avaient les capacités de s’adapter, elles apprenaient comme on disait à l’époque « sur le tas ».

J’avance dans ma lecture :

« L’autodidacte n’est pas celui qui apprend tout seul (ce qui à proprement parler ne veut rien dire), mais celui dont les connaissances ne sont garanties par aucun titre et défendues par personne » selon Marie Ymonet « Les héritiers du Capital ».

« L’autodidacte n’apprend pas tout seul, mais ses maîtres, ses guides, ses sourciers, car il en a toujours (même s’ils peuvent prendre diverses figures), ne sont pas les enseignants habilités par l’institution scolaire à délivrer dans le cadre scolaire les connaissances et à en certifier par des titres la possession. » La vocation d’autodidacte par Claude F. Pollak.

L’autodidacte est donc celui qui, pour toutes sortes de raisons, n’a pas construit la base de connaissance et l’expérience de son métier ou d’une activité annexe par le biais de sa scolarité. Parmi les raisons, il peut y avoir des difficultés sociales ou financières, certaines personnes ne s’adaptent pas non plus au fonctionnement scolaire, d’autres encore ont commencé à travailler très tôt, etc.

Tout à fait Vrai. Et mes sourciers (j’aime beaucoup ce mot dans le sujet.) ont été, non seulement des guides, mais ils m’ont appris à travailler. Et à l’époque « on ne rigolait pas des genoux », la rigueur était de rigueur. Des tas de souvenirs me viennent. Par exemple Monsieur « X » qui ne souriait jamais et qui m’a donné la raison pour laquelle il m’avait choisi, nous étions deux sur ce poste en intérim, ce poste allait vers un CDI et nous étions testé bien sur. Et vu ses raisons, j’avais plutôt intérêt à ne pas le décevoir, parce qu’il avait estimé en m’observant, que j’avais ces capacités là et qu’il m’accordait sa confiance. La confiance à cette époque c’était très important, on ne vous faisait pas signer, un document qui précisait qu’il était exigé la plus haute discrétion. Ça n’existait pas encore. Et me concernant qu’il me dise je vous accorde ma confiance, suffisait à ce que je le comprenne. Et une autre « sourcier » a été un guide et même plus que ça, parce que 8 années nous avons travaillé ensemble et je dis bien ensemble, parce que bien que ma supérieure hiérarchique, nous avions au fil du temps élargi le verbe de nos échanges et elle avait des passions dont elle me parlait souvent qui n’avaient rien à voir avec le travail.

Et aussi, elle avait une manière de managé qui était particulière à savoir qu’elle mettait en avant son souhait d’une franche collaboration, sur un pied d’égalité. La seule inégalité qui existait c’est qu’elle avait bien plus d’expérience que moi, un titre et ce qu’il va avec, ce qui me parait normal.

(Aujourd’hui on peut voir des managers qui ont un titre, ce qui va avec et pas de compétences managériale. Elle, elle avait le tout.)

Je reprends ma lecture :

Il y aussi une grande différence de vision entre un diplômé et un autodidacte, ce dernier face à l’inconnu va plus facilement se dire : « je ne sais pas mais je vais trouver ». Le diplômé a ses diplômes, il a cette assurance tout à fait légitime quand l’autodidacte sera en constante bataille pour prouver sa valeur face aux autres. L’autodidacte essayera toujours de pousser les choses à fond, ce qui améliorera l’entreprise au risque de perdre pendant un temps en productivité.

Vrai. J’ajouterais qu’il n’a pas le choix, je n’ai pas eu le choix, que de batailler. Pour simplement garder mon poste par exemple. Parce que embaucher un jeune diplômé qui a peu d’expériences pro c’est se garantir, qu’il ne s’opposera pas, qu’il n’osera pas avant longtemps affirmer ses idées et qu’en plus de nos jours, il sera bien souvent embauché au salaire minimum et bien souvent en CDD, comme ça on peut aussi l’utiliser une période de besoins, lui promettre monts et merveilles et le foutre dehors sans tambours ni trompettes. Et oui ça arrive, heureusement pas partout, mais quand même c’est un procédé, utilisé fréquemment.

Je poursuis :

Il sait s’autoriser la déviance et la résistance aux conformismes sociaux

Vous savez ce qu’il faut faire, vous n’êtes pas toujours au courant de ce qui ne doit pas être fait. Vous savez faire preuve d’audace et vous n’avez pas subi le moule de certaines écoles. Cela ne fait pas de vous un électron libre, mais quelqu’un capable d’analyser par lui-même. Ainsi, vous pouvez être très innovant, sans vous en rendre forcément compte.

Je confirme et je ris jaune, parce qu’effectivement….Et là je dirais que ça peut être « préjudiciable » aussi. Et je n’en dirais pas plus, pour des raisons évidentes, je travaille encore. L’heure de ma retraite approche, elle n’est pas trop loin, 4 ans. Dans 4 ans peut-être j’en dirais plus, bien que peut être et surement que non, parce que je serais alors là atteinte certainement du syndrome de la page blanche. Celle d’une nouvelle aventure, que je redoute d’ailleurs, plus elle approche plus je la redoute. Inquiétude je crois humaine, j’ai beau me faire des listes de ce que je pourrais bien y faire à ma retraite, par exemple : Visiter Sète ou escalader l’Everest. Je crois que je commencerais par Sète l’Everest me paraît plus qu’ambitieux.  Pour ceux qui me connaissent un peu, ils savent pourquoi. Rires !

Quant à l’aventure j’ai envie de dire :

Vivre ce n’est pas sérieux, ce n’est pas grave. C’est une aventure, c’est presque un jeux. Il faut fuir la gravité des imbéciles.

Jacques Brel

Je ne saurais pas être aussi catégorique. Mais je suis assez d’accord.

Je vais m’arrêter là de toutes, les pensées qui me traversent….Je ne vous en livre pas plus.

Par pur égoïsme, ça va sans le dire.  

Les liens sont ici :

http://www.squid-impact.fr/le-syndrome-de-lautodidacte/

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/91-ans-et-candidat-au-baccalaureat-2026/

Et vous souhaite à Toutes et à Tous, un excellent weekend !

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. giselefayet
    Avr 14, 2018 @ 09:05:57

    Vraiment contente de te retrouver sur ton blog Flo , je me suis régalée à te lire .
    J’aime beaucoup cette analyse , une belle réflexion que je partage totalement tu as raison les diplômes ce n’est pas tout, loin de là .
    Bon week – end
    Bisous

    Réponse

    • myoposatis
      Avr 14, 2018 @ 17:10:08

      Merci Jazzy, moi aussi je me suis régalée, parce que j’ai fait la petite souris et je suis allée voir d’autres de tes publications, j’ai du retard à rattraper en lecture, écoute et alors tes photos…magnifiques. Oui le tout est un vrai plaisir et maintenant que je peux à nouveau voyager sur les blogs, le tiens c’est certain est ma priorité.
      Bon week-end à toi aussi.
      Bisous !

      Réponse

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